Nouveau chapitre pour Mélanie

1465

Après 24 annĂ©es dans l’Ă©quipe Montfort, oĂą elle a progressĂ© de thĂ©rapeute respiratoire Ă  gestionnaire, directrice, puis vice-prĂ©sidente depuis 2017, MĂ©lanie DubĂ© va nous quitter bientĂ´t afin de devenir cheffe des finances et vice-prĂ©sidente des services gĂ©nĂ©raux et du rĂ©amĂ©nagement chez nos collègues de Bruyère.

L’annonce du dĂ©part MĂ©lanie a causĂ© une onde de choc dans l’hĂ´pital. En effet, en raison de son parcours inhabituel, elle a Ă©tĂ© impliquĂ©e dans une multitude de projets avec tous les secteurs de l’hĂ´pital. Son enthousiasme, son expertise, sa diplomatie et sa passion, sans oublier sa capacitĂ© Ă  prendre des dĂ©cisions rapides et Ă©clairĂ©es dans des moments difficiles, font que MĂ©lanie est très estimĂ©e de tous.

Prenons un petit moment pour revoir le parcours inhabituel de Mélanie, et en savoir plus sur ses plans futurs.

Une carrière en constante évolution

Comme elle le racontait dans une entrevue dans le Journal Montfort en 2017, Mélanie a été « la première thérapeute respiratoire au bloc opératoire embauchée à Montfort! J’ai développé le programme ici et rehaussé le cours d’anesthésie à La Cité. À l’époque, Montfort accueillait pratiquement 100% des stagiaires de La Cité pour leur stage en anesthésie. Lorsque j’ai commencé à monter le programme et à développer des politiques et procédures… j’ai senti qu’il me manquait des éléments pour pouvoir progresser », se rappelle-t-elle.

Le saviez-vous? MĂ©lanie a Ă©tĂ© l’une des visages d’une campagne de recrutement pour l’hĂ´pital au milieu des annĂ©es 2000.

Pour bien s’outiller, « j’ai commencé par faire un certificat en administration, même si mon but à ce moment-là était de retourner faire ma médecine! Finalement, j’ai vraiment aimé l’administration, tout comme les cours de finance. » Mélanie a donc poursuivi ses études, obtenant un baccalauréat en administration ainsi qu’un CMA exécutif de l’UQO, combiné à un MBA de l’UQAM.

Après être gestionnaire intérimaire des services thérapeutiques, puis gestionnaire des cliniques ambulatoires, cardiorespiratoires et du laboratoire du sommeil, Mélanie est devenue directrice des services financiers de Montfort en 2012; la gestion du matériel et de l’approvisionnement se sont ajoutés à ses responsabilités en 2014.

Des moments marquants Ă  Montfort

Mélanie se souvient de nombreux moments importants dans ses années à Montfort.

« On a Ă©tĂ© pratiquement les premiers en Ontario Ă  dĂ©velopper le programme de thĂ©rapeute respiratoire au bloc opĂ©ratoire, dĂ©finitivement le premier de la rĂ©gion », se souvient-elle. Cette initiative l’avait mĂŞme emmenĂ©e Ă  participer Ă  dĂ©velopper une communautĂ© de pratique nationale.

« Comme gestionnaire des thĂ©rapeutes respiratoires, j’ai dĂ©veloppĂ© le champ de pratique ici Ă  Montfort; les politiques internes limitaient celui-ci. J’ai augmentĂ© notre implication et dans plusieurs secteurs de l’hĂ´pital : au CFN pour les naissances Ă  risques et les codes roses, l’installation de lignes artĂ©rielles, remplacement permanent des anesthĂ©sistes pour les chirurgies de cataracte… Nous avions aussi une prĂ©sence limitĂ©e en ne couvrant pas le 24/7, quelques choses que j’ai rapidement modifiĂ©. »

Les dĂ©fis ne lui ont jamais fait peur… « J’ai Ă©tĂ© la première non-infirmière Ă  devenir gestionnaire pour un service clinique. Dès mes dĂ©buts aux cliniques ambulatoires, j’ai ouvert sept (!) cliniques et ce en plein dĂ©mĂ©nagement vers le Nouveau Montfort! Ça a Ă©tĂ© une annĂ©e hyper chargĂ©e mais aussi hyper intĂ©ressante. »

Le calme dans l’Ĺ“il du cyclone

Selon MĂ©lanie, « c’est quand ça va mal que je suis Ă  mon meilleur! C’est probablement une qualitĂ© des thĂ©rapeutes respiratoires: en gĂ©nĂ©ral, quand on est lĂ  ou lorsqu’on est appelĂ©, c’est parce que ça va mal et il faut agir vite… »

Elle a pu juger de cette aptitude lors d’une panne d’oxygène, durant la construction du Nouveau Montfort. Ă€ l’Ă©poque, elle Ă©tait nouvellement gestionnaire des thĂ©rapeutes respiratoires.

« Pendant que j’Ă©tais Ă  une rencontre avec la comptabilitĂ© sur la rue Lang’s, ma pagette s’est mise Ă  sonner: 911, 911, 911… Une pelle mĂ©canique avait sectionnĂ© le tuyau principal qui connecte les rĂ©servoirs d’oxygène Ă  l’hĂ´pital. En dix secondes, il n’y avait plus d’oxygène pour les patients dans tout l’hĂ´pital.

Je suis partie en courant vers l’hĂ´pital et en chemin, je faisais des appels : au bloc pour qu’on transfère manuellement vers les bonbonnes d’oxygène, aux soins intensifs pour ventiler manuellement les patients, aux approvisionnements pour qu’ils fassent venir des bonbonnes d’oxygène; Ă  l’équipe des installations pour se prĂ©parer Ă  installer des gros cylindres K en sĂ©rie tout en me remĂ©morant les formules pour calculer la vitesse Ă  laquelle un cylindre d’oxygène se vide.

Je suis arrivĂ©e au bureau de la direction gĂ©nĂ©rale, qui Ă©tait au 5C dans ce temps-lĂ . J’entre dans le bureau, tout essoufflĂ©e, et tous les membres de la haute direction se tournent vers moi. On m’attendait! Le PDG de l’Ă©poque, M. Savoie, me dit : « MĂ©lanie, tu dois savoir quoi faire, dis-nous quoi faire. »

Heureusement, personne n’a Ă©tĂ© Ă  risque. Ça a Ă©tĂ© un 24 heures très intense jusqu’Ă  ce que la connexion soit rĂ©-Ă©tablie. J’ai vraiment rĂ©alisĂ© que je pouvais gĂ©rer des situations avec un grand niveau de stress, ĂŞtre une bonne leader, diriger les gens… et ça c’est fait dans le calme. »

C’est lĂ  que j’ai su que je voulais devenir une leader et atteindre les plus hauts Ă©chelons de l’organisation.

Mélanie Dubé

Mélanie travaille fort, mais elle répond toujours « présente » quand vient le moment de célébrer!

Un autre moment de grande tension pour MĂ©lanie a Ă©tĂ© la pandĂ©mie, particulièrement durant les premiers mois. « Ça a Ă©tĂ© un gros accomplissement, car j’étais la seule reprĂ©sentante de la direction gĂ©nĂ©rale pendant plus d’une semaine. Heureusement, j’avais l’équipe des directeurs avec moi! J’ai dĂ» faire un 360 en peu de temps, prendre des dĂ©cisions rapides avec peu d’information, fermer des services, appuyer l’Ă©quipe des approvisionnements qui ne pouvait plus suivre les protocoles normaux – mais tout en gardant un certain contrĂ´le – et rassurer les Ă©quipes. »

La plus rĂ©cente rĂ©ussite de MĂ©lanie : l’ouverture du cafĂ© tant attendu dans l’entrĂ©e principale de Montfort.

Un nouveau chapitre qui commence

« Beaucoup de gens m’ont demandĂ© comment j’avais pris ma dĂ©cision d’aller Ă  Bruyère », raconte MĂ©lanie, quelques semaines après avoir fait son annonce. « Ça a Ă©tĂ© une dĂ©cision super difficile, c’est dur partir de Montfort… Tous les gens qui passent par Montfort vous diront que c’est exceptionnel de travailler ici. » »

C’est une dĂ©cision que j’ai prise pour moi et pour ma famille.

Mélanie ajoute que « je vous laisse avec de supers bonnes équipes, dont je suis extrêmement fière, ils sauront prendre la relève à leur façon, mon départ va peut-être même passer inaperçu… »

MĂ©lanie fera partie du comitĂ© d’accueil pour Dominic Giroux, le nouveau PDG qui prendra la tĂŞte de Montfort le 31 juillet, et ils ont dĂ©jĂ  prĂ©vu de passer plusieurs heures ensemble alors que MĂ©lanie lui expliquera les grands dossiers financiers de l’hĂ´pital.

Ceux qui la connaissent bien ne sont pas surpris d’apprendre que MĂ©lanie s’est engagĂ©e Ă  ĂŞtre prĂ©sente Ă  Montfort une journĂ©e par semaine après son dĂ©part en aoĂ»t, aussi longtemps que nĂ©cessaire, pour assurer une bonne transition.

De plus, Mélanie va continuer de collaborer avec Montfort dans ses nouvelles fonctions, puisque nos deux hôpitaux universitaires ont de nombreux projets en commun.

Des cĂ©lĂ©brations seront organisĂ©es pour souligner les 24 annĂ©es d’excellence de MĂ©lanie Ă  Montfort.

Nous souhaitons bonne chance à Mélanie dans ce prochain chapitre de sa carrière!

Geneviève Picard
Geneviève est directrice de l'équipe des communications à Montfort depuis 2014, et vice-présidente depuis 2023. Quand elle n'est pas en train d'écrire pour le Journal Montfort, elle est maniaque de lecture, adore le yoga, chante dans une chorale, vient travailler en vélo mais seulement quand il fait beau, et ne fait jamais, jamais la cuisine.