Treize ans de présence, mille visites amicales

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Jean-Pierre Lapointe, bénévole à Montfort depuis 13 ans, a reçu le titre de bénévole de l’année pour 2025. Nous vous invitons à rencontrer celui pour qui les visites amicales n’ont plus de secrets.

L’aventure de Jean-Pierre à Montfort a débuté en 2013 – lui et son épouse Denise ont aperçu une annonce de bénévolat à Montfort dans le livret de leur paroisse. Ils se sont informés, puis ont décidé d’adhérer aux fameuses vestes bleues, tous les deux ensembles. Ayant pris leur retraite quelques années auparavant, ils étaient heureux d’entreprendre un nouveau projet commun.

« Nous sommes grands-parents et nous nous occupions souvent de nos petits-enfants, mais nous avions le goût de faire autre chose, d’avoir un projet à nous », se remémore Jean-Pierre.

Jean-Pierre, aujourd’hui âgé de 78 ans, a travaillé pendant 27 ans dans un CLSC à Gatineau (l’ancien CLSC des Draveurs) comme travailleur social, où il s’occupait de familles et de la relation entre les parents et les enfants. Son rôle l’amenait aussi dans les écoles primaires, pour aider les élèves, les parents ainsi que les enseignants lors de sessions individuelles ou en groupe.

« Certains enfants ont plus de besoins que d’autres, par exemple ceux qui ont un déficit d’attention ou un problème de comportement, se souvient Jean-Pierre. Aujourd’hui, nous sommes beaucoup mieux équipés pour des enfants avec ces besoins particuliers. À ce moment-là, on commençait à peine à en parler – certains enseignants géraient très bien les situations plus difficiles, mais d’autres ne savaient pas du tout quoi faire avec un enfant qui présentait des signes de trouble comportemental ou un déficit d’attention. Certains enfants vivaient aussi des situations familiales difficiles, et des parents avaient besoin d’aide aussi – par exemple, une mère monoparentale avec un enfant qui présente des problèmes de comportement. J’intervenais dans ces cas-là. »

C’est son passé en travail social et en counseling qui l’a mené à effectuer des visites amicales à Montfort. Lors de son bénévolat à l’hôpital, qu’il effectue environ une fois par semaine, Jean‑Pierre rencontre une dizaine de patients par jour. Sa femme Denise, qui l’accompagnait au début, faisait aussi des visites amicales. Celle-ci a aussi œuvré en travail social et en enseignement. Ils sont un duo dans toutes les sphères de leur vie!

« La relation d’aide, c’est un milieu dans lequel nous avons toujours travaillé – nous étions très à l’aise, explique Jean-Pierre. À l’hôpital, il s’agit plus de savoir écouter les personnes, pas nécessairement de les conseiller. Notre rôle constitue plutôt d’être présent pour les autres. Ils vivent toutes sortes de situations : certains demandent l’aide médicale à mourir, certaines sont seules, d’autres sont très malades, d’autres ne pourront jamais réintégrer leur logement et vivent beaucoup d’émotions. Nous sommes là pour leur rendre visite et les écouter. »

Les visites amicales servent également à briser l’isolement que certains patients peuvent vivre en étant hospitalisés.

« Il y a des personnes qui sont bien entourées – on arrive pour une visite amicale et des membres de la famille sont présents, explique le bénévole. D’un autre côté, nous avons des patients qui sont beaucoup plus isolés. Certaines personnes ont simplement besoin qu’on leur parle pendant cinq minutes, et elles nous remercient d’être passés. D’autres ont besoin de beaucoup plus de temps et d’écoute. Nous sommes là pour ça. »

Lors des visites amicales, Jean-Pierre propose souvent aux patients les soins spirituels. Pour cet ancien diplômé en théologie, c’est une partie de son bénévolat qu’il affectionne particulièrement, peu importe les croyances de la personne devant lui.

« À travers cette expérience, j’ai développé une ouverture à toute foi, à tout cheminement humain et spirituel. Lors de mes rencontres, il s’agit réellement d’écouter et de comprendre l’aspect humain de ce que les gens peuvent traverser. Et c’est valable pour les personnes croyantes comme celles qui sont non-croyantes. J’aime écouter ce genre de personnes pour voir ce qui les ont menées à penser comme elles pensent. J’apprends toujours des autres en même temps que je les écoute. »

C’est réellement ça qui fait que les visites de Jean-Pierre et des autres bénévoles sont spéciales – ils en retirent autant que les patients peuvent en retirer.

« Je dis toujours qu’on ne donne jamais dans un seul sens – les personnes nous amènent autant que nous pouvons leur amener. »

« On pourrait dire qu’on apprend beaucoup de ce que chacun peut vivre dans sa souffrance et ses défis. Parfois, tu te retrouves à parler avec des personnes qui ont une famille, mais personne qui vient les visiter. À ce moment-là, écouter cette personne, c’est important pour elle, mais c’est valorisant pour nous. Quand tu donnes, ça ne va jamais à sens unique. Parfois, je reviens de mes visites et je suis tellement satisfait de ce qu’on a pu échanger, mais aussi que la personne ait pu se confier et mieux se sentir par la suite. »

Conseillerait-il à d’autres de devenir bénévoles?

« Absolument! La qualité première pour les visites amicales, c’est de savoir écouter. J’ai une formation en écoute active et en counseling, mais ce qui est le plus important, ce n’est pas la formation – c’est de savoir écouter. Tu as des personnes qui naturellement ont ce don et qui n’ont pas suivi de cours. Quand tu rencontres quelqu’un avec cette capacité, tu as parfois le goût de lui dire tellement de choses ! À ces personnes qui ont du temps et qui ont une bonne oreille, elles sont les bienvenues ici, pour apporter du bien autour d’elles. »

Élise Robillard
Élise fait partie de l’équipe des communications de Montfort depuis 2022. Passionnée de musique, de cinéma et de sport, elle a certainement un film ou un album à vous recommander!